Retour vers le passé : Pulsions Cannibales (1980)

 

REALISATEUR

Antonio Margheriti

SCENARISTES

Antonio Margheriti et Dardano Sacchetti

DISTRIBUTION

John Saxon, Elizabeth Turner, Giovanni Lombardo Radice, Cinzia de Carolis…

INFOS

Long métrage italien/espagnol
Genre : horreur
Titre original : Apocalypse Domani
Année de production : 1980

Touche-à-tout du cinéma de genre transalpin, Antonio Margheriti a débuté sa carrière cinématographique en tant que scénariste en 1956 avant de passer rapidement derrière la caméra, en co-signant dans un premier temps la comédie Gambe d’Oro (avec Toto, le Buster Keaton italien) avant de réaliser en solo Le Vainqueur de l’Espace en 1960. Dès son troisième film, il adopta le pseudonyme américanisé Anthony M. Dawson (ce qui était la norme en ce temps-là) qu’il employa sur pratiquement toutes les entrées de sa filmographie. Il s’est également intéressé au domaine des effets spéciaux, jusqu’à participer, sans être crédité, à ceux du 2001, L’Odyssée de l’Espace de Stanley Kubrick.

Solide artisan, Antonio Margheriti ne s’est jamais arrêté de tourner pendant trois décennies et comme nombre de ses collègues, il s’est essayé à presque tous les genres du cinéma d’exploitation (à l’exception des courants les plus sordides comme la nazisploitation) : science-fiction, western, aventures, espionnage, péplum, guerre, fantastique, horreur…
On lui doit des choses intéressantes comme le western Et le vent apporta la violence avec Klaus Kinski ou encore La Planète des Hommes Perdus et Danse Macabre, chroniqués dans ces colonnes…et aussi quelques nanars dans les années 80 (époque du déclin progressif du bis italien) comme Alien, la créature des abyssesavec ce bon vieux Charles Napier ou encore le croustillant Yor, le chasseur du futur.

 

 

Antonio Margheriti a donc touché à tout…mais ce qui ne lui a jamais vraiment plus, c’est le gore qui tâche. Apocalypse Domani (ou “Apocalypse Demain”…en référence bien évidemment à Apocalypse Now) a d’ailleurs débuté comme un projet inspiré par le long métrage de Francis Ford Coppola et le Voyage au bout de l’Enfer de Michael Cimino, une réflexion sur les difficultés de réinsertion dans la vie civile de soldats qui ont vécu l’horreur (sujet qui a souvent été visité à l’époque) sous la forme d’un thriller urbain…jusqu’à ce que les producteurs opportunistes demandent à Margheriti d’orienter son film vers un hybride guerre/horreur pour profiter de la mode du gore et des histoires de cannibales. Les vétérans du récit reviennent ainsi au pays touchés par une sorte de maladie qui les pousse à mordre et dévorer de la chair humaine. Et cette pulsion est terriblement contagieuse…

Margheriti n’est pas Lucio Fulci ou Ruggero Deodato. Si Pulsions Cannibales ne manque pas de scènes chocs sanguinolentes, celles-ci ne sont pas toujours très appuyées. Deux ou trois occasions mises à part (comme le découpage d’une jambe à la scie électrique histoire de se faire une réserve de bouffe), le montage est rapide, ce qui leur donne un petit côté “sec”, loin de la lenteur des effets à la Fulci. Le réalisateur soigne l’atmosphère, qui devient de plus en plus glauque et malsaine et trace un parallèle avec le passé traumatique des protagonistes en faisant de la ville une véritable jungle urbaine dans un dernier acte assez intense.

 

 

Il y a bien quelques maladresses, des instants gratuits comme le bis italien savait en étaler (la scène dans le cinéma où un couple commence à baiser devant un film de guerre de Umberto Lenzi par exemple) et une bande originale qui n’a pas supporté l’épreuve du temps…mais Pulsions Cannibales se révèle souvent efficace dans son genre, avec une bonne montée en puissance et une fin d’une grande noirceur.

En tête d’affiche, on retrouve l’américain John Saxon, vieux routier de la série B, qui n’a cessé de faire des aller-retours entre les U.S.A. et l’Europe dans sa prolifique carrière (en 1980, il était aussi dans le film de maison hantée Les Forces de l’Au-delà, dans Les Mercenaires de l’Espace produit par Roger Corman et dans La Plage Sanglante, film de monstre dont l’accroche était “cette fois, le danger ne vient pas de la mer”)…et qui n’a jamais gardé un très bon souvenir du tournage de Pulsions Cannibales.
À ses côtés, Giovanni Lombardo Radice, dans le rôle du fiévreux Charles Bukowski (référence directe au Dirty Old Man), débutait quant à lui une filmo le plus souvent tournée vers les rôles dans le cinoche d’horreur bien sanglant (on l’a ensuite vu chez Lucio Fulci, Ruggero Deodato et Umberto Lenzi).

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par Le Doc

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