Retour vers le passé : Rage (1977)

 

REALISATEUR & SCENARISTE

David Cronenberg

DISTRIBUTION

Marilyn Chambers, Frank Moore, Joe Silver…

INFOS

Long métrage canadien/américain
Genre : horreur
Année de production : 1977

Il y a des points communs entre Rage et le film précédent de David Cronenberg, Frissons. Un prolongement des obsessions qui vont marquer une grande partie de sa carrière…obsession pour le corps bien entendu, expériences, greffes, mutations, parasite qui déclenche des pulsions violentes chez les personnes infectées. Les sujets sont proches, mais Frissons se déroule le plus souvent en intérieur tandis que Rage s’étend à l’imagerie de fin du monde d’une ville (Montréal) qui doit faire face par tous les moyens à une infection à grande échelle.

Après un accident de moto, Rose est emmenée à l’hôpital le plus proche…qui se trouve être une clinique de chirurgie esthétique. Le docteur Keloid expérimente sur elle une nouvelle technique de greffe de peau qui a d’étranges effets secondaires. À son réveil, Rose découvre qu’elle a besoin de consommer du sang humain, qu’elle s’injecte directement par un appendice située sous son aisselle. Son infortunée victime développe alors les symptômes de la rage…une épidémie qui se répand très vite…

 

 

Aux origines du projet, David Cronenberg souhaitait confier le rôle de Rose à Sissy Spacek, après l’avoir vue dans La Ballade Sauvage de Terence Malick. Mais ses producteurs, dont Ivan Reitman, futur réalisateur des S.O.S. Fantômes, voulaient quelqu’un de plus connu pour vendre le film (et pour eux, l’accent texan et les tâches de rousseur de la future Carrie ne collaient pas vraiment à leur vision de Rose). Mais comme le budget serré ne leur permettait pas d’engager une star, leur choix s’est porté sur la personnalité la plus connue d’un cinéma “non traditionnel”, l’actrice de films pornographiques Marilyn Chambers, popularisée par Derrière la Porte Verte, l’un des plus grands succès du genre.

Avec sa douceur et son look de girl next door, Marilyn Chambers s’est révélé être une bonne comédienne, très convaincante dans la tragédie que vit un personnage qui est à la fois une prédatrice et une victime. Rage est d’ailleurs à son meilleur quand il s’attache au destin de la jeune femme (les différentes attaques, la scène du cinéma porno à la fois glauque et troublante, l’enfermement dans la salle de bains, l’infinie tristesse de son dernier coup de fil à son petit ami…). Cronenberg semble d’ailleurs moins inspiré par le parcours des protagonistes masculins, le film perdant un peu d’intensité dans ces passages (et l’acteur Frank Moore n’est pas le plus expressif du lot).

 

 

 

Variation sur le vampirisme, intéressant représentant de la “terreur intérieure” propre au cinéma de David Cronenberg, Rage alterne les assauts dont l’intimité n’exclut pas la brutalité (aux convulsions presque “orgasmiques”, avec un parasite phallique souvent filmé de manière elliptique) avec des déferlements de violence plus démonstratifs quand la contamination s’empare de la ville de Montréal.

Malgré quelques légères chutes de rythme, Rage mêle drame et horreur avec efficacité…jusqu’à une dernière scène absolument glaçante…

 

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par Le Doc

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