Retour vers le passé : Le Voleur de Bagdad (1940)

 

REALISATEURS

Ludwig Berger, Michael Powell et Tim Whelan

SCENARISTES

Miles Malleson et Lajos Biro

DISTRIBUTION

Conrad Veidt, Sabu, June Duprez, John Justin, Rex Ingram…

INFOS

Long métrage britannique
Genre : aventures/fantastique
Titre original : The Thief of Bagdad
Année de production : 1940

Le Voleur de Bagdad est avant tout le film d’un producteur, Alexander Korda. Né en Hongrie, puis naturalisé britannique; réalisateur, scénariste et producteur parlant plusieurs langues; Alexander Korda avait déjà une longue et éclectique carrière derrière lui lorsqu’il se lança dans l’aventure du Voleur de Bagdad, dans son pays natal, en Allemagne (Le Danseur de Madame), en Amérique (La Vie Privée d’Hélène de Troie) et même en France où il réalisa le premier volet de la trilogie marseillaise de Marcel Pagnol, Marius.
Avec Le Voleur de Bagdad, il voulait produire une grande épopée en couleurs inspirée des Contes des Milles et Une Nuits, une fantaisie rare dans le paysage cinématographique anglais de l’époque. Korda alla même jusqu’à racheter les droits du titre Le Voleur de Bagdad, qui étaient en ce temps-là détenus par Douglas Fairbanks, qui avait livré sa propre (et excellente) version en 1924.

Contrairement à ce qui a pu souvent être écrit, Le Voleur de Bagdad de Korda n’est pas un remake du Voleur de Bagdad de Douglas Fairbanks et Raoul Walsh…les deux histoires différent en effet sur de nombreux points. Ici, il n’y pas de voleur qui se fait passer pour un prince, mais deux personnages différents. Trahi par son grand vizir Jaffar, le prince Ahmad va devoir affronter de nombreuses épreuves pour retrouver son trône et sauver son grand amour, la fille du sultan de Bassora, ardemment désirée par le vil Jaffar. Il sera aidé dans son entreprise par le malicieux Abu, un petit voleur des rues…

Les deux longs métrages ont donc leur identité propre, leur propre sense of wonder…et ils ont tous les deux inspiré le Aladdin de Disney sorti en 1992…

 

 

Débuté en 1939 en Angleterre, le tournage du Voleur de Bagdad fut stoppé par le second conflit mondial et la production fut alors délocalisée en Amérique. Une production troublée, qui usa pas moins de 6 réalisateurs (dont seulement trois officiellement crédités)…
Le premier, l’allemand Ludwig Berger, se heurta à la vision de Alexander Korda et claqua la porte pour ce qu’on appelle généralement maintenant les “différences créatives”. L’anglais Michael Powell (Espionne à bord) prit la suite avant de devoir quitter le navire pour participer à Le Lion a des ailes, un film destiné à soutenir l’effort de guerre britannique. L’américain Tim Whelan avait également été engagé à la même époque que Powell pour alléger sa charge de travail.

Après plusieurs mois d’interruption, le tournage reprit en Californie, et de nombreuses scènes y furent tournées par Alexander Korda, son frère Zoltan et par le directeur artistique William Cameron Menzies (qui avait déjà occupé avec talent ce poste sur le Voleur de Bagdad de Douglas Fairbanks), sans que leurs noms apparaissent au générique sous cette mention. Le scénario fut constamment retravaillé, ajoutant des péripéties, ce qui aurait pu donner un patchwork décousu…et pourtant le résultat est absolument harmonieux. Splendeur visuelle, explosion de couleurs flamboyantes, cette grande aventure fantastique mêle action endiablée, humour bon enfant, poésie enchantée, jolie romance un brin surannée et rebondissements en tout genre.

 

 

Le Voleur de Bagdad marqua la première utilisation du “blue screen” pour les effets spéciaux, technique qui a permis l’incrustation des acteurs dans des environnements miniatures et face au gigantesque génie. Une technique qui en était encore à ses balbutiements, ce qui fait que beaucoup de ces plans ont mal résisté à l’épreuve du temps…sans toutefois réduire leur capacité d’émerveillement, notamment grâce aux superbes décors recelant de nombreux dangers que nos héros devront combattre (le vol de l’oeil qui voit tout, Abu contre une araignée géante…).

L’interprétation est par contre un peu plus inégale. Le couple de jeunes premiers est un peu fade, par exemple. Le bondissant enfant-star Sabu (qui sera ensuite Mowgli dans le très beau Livre de la Jungle des frères Korda) et l’excellent Conrad Veidt (L’Homme qui rit), parfait en Jaffar, leur volent la vedette. Rex Ingram (Les Aventures d’Huckleberry Finn) campe quant à lui un Génie inquiétant, à la voix tonitruante. Aigri après avoir passé 2000 ans dans une bouteille, il essaye même d’écraser Abu, son libérateur. Il faudra toute la ruse du petit voleur pour que celui-ci se voit accorder ses 3 voeux. Bref, ces deux-là ne seront pas du tout les meilleurs amis du monde…

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par Le Doc

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